Agir contre l’hypocrisie scolaire – 2) une école du socle, inclusive, exigeante et bienveillante

A cause d'une gouvernance inadaptée, notre école est d'une grande hypocrisie.

Elle promet une égalité des chances, mais qui abandonne les plus faibles scolairement et les enfants différents à leurs difficultés. Elle est incapable de diffuser les codes nécessaires à la réussite scolaire et professionnelle à celles et ceux qui ne les ont pas.

Il faut agir pour faire connaître les résultats des comparaisons des études internationales qui préconisent pour la période entre 7 et 15 ans une école inclusive, avec les moyens humains nécessaires pour assurer un climat de tolérance et de coopération et pour faire progresser chaque élève sans jamais lâcher sur ce qui est essentiel. Les comparaisons internationales des systèmes scolaires montrent que l’organisation la plus efficace est une école inclusive entre deux âges clés, liés à la maturité du jeune de l’espèce humaine, qui sera suivi d’une diversité de parcours. Le début est à 6-7 ans, quand le cerveau est suffisamment mature pour apprendre la lecture et le calcul. La fin est lorsque le jeune a le mode de penser d’un adulte sans avoir forcément les repères nécessaires, c’est-à-dire vers 15-16 ans. Tous les pays ont une diversité des parcours après 16 ans. En France l’école du socle regroupe l’école primaire et le collège, entre 6 ans et l’entrée en CP et 15 ans et la fin de 3ème.

La mise en place d’une école du socle inclusive a été confronté à trois écueils :

- Le premier écueil est une question de moyens. Les pays qui ont réussi une école des fondamentaux inclusives ont entre 16 et 25 élèves par classe en fonction du profil des élèves. Il faut que l’enseignant.e ait la disponibilité d’esprit, la compétence spécifique et le temps de s’occuper de chaque enfant ayant des difficultés particulières. Dans ces pays, il y a également des enseignants en surnombre dans les établissements. En France, la majorité des enseignants ne sont pas formés à la prise en charge des enfants porteurs d’un handicap ou faisant un blocage d’ordre psychologique. Les 60 000 postes décidés par François Hollande ont été insuffisants. Dans des classes surchargées, il n’est pas possible d’aider correctement les élèves qui ont des difficultés d’apprentissage.

- Le deuxième écueil est le sens donné par certain.e.s au mot « inclusif ». Inclusif veut dire gérer par le même dispositif. Cela ne veut pas dire toujours tous et toutes devant les mêmes cours. Il faut éviter d’orienter vers des silos où les exigences sont moindres, mais il faut aussi donner des défis atteignables à chaque enfant et le soutien spécifique nécessaire. Le pragmatisme et le réalisme doit remplacer le dogme sur ce sujet.

- Le troisième écueil est l’absence d’adhésion de la majorité des parents impliqués pour permettre à leur enfant d’atteindre des études supérieures dans de bonne condition. Le modèle recommandé par l’OCDE est une école du socle qui donne au plus grand nombre d’enfants les connaissances et compétences indispensables pour s’insérer dans la société et s’épanouir. Cela suppose que les moyens supplémentaires à la semaine normale sont mis pour les enfants qui sont en retard dans les apprentissages fondamentaux et non pas pour donner des connaissances supplémentaires aux jeunes qui ont des facilités pour apprendre. Or beaucoup de parents sont persuadés que, plus leur enfant emmagasine de connaissances, mieux c’est pour lui ou pour elle. Il aurait fallu les convaincre que ce n’est pas le cas. Il faut maîtriser les langages pour penser et communiquer. Il faut maîtriser les méthodes et outils pour apprendre. L’école doit faire progresser chaque jeune sur ces compétences. Cependant, l’emmagasinage de connaissances au-delà ce de ce qui est défini dans le socle de compétence, de connaissance et de culture, ne peut-il pas attendre ? La capacité de travailler avec des camarades qui ont des fonctionnements cognitifs différents, la compréhension des règles du jeu de la société ne sont-elles pas plus utiles ? Ce débat n’a pas encore eu lieu. Il faut le porter dans la société car il est fondamental pour l’avenir de notre jeunesse et l’avenir du pays.

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  • christophe chastenet
    a fait un commentaire 2020-07-01 07:30:29 +0200
    cela a déjà était fait , le projet ‘’s.e.g.p.a’’ veillait a mettre en avant la solidarité entre élèves plutôt que la compétition , les professeurs y était des vétérans , donc fiable en toute circonstance , ils étaient attentif et fesait des cours personnaliser en fonction des difficulté de chaque élève , et il y avait des cours des la 4iemes pour apprendre des bases de métier du bâtiment , gastronomie et sanitaire pour aider a avoir une base de connaissance pour les premier travaille post-école
  • christophe chastenet
    a marqué ceci Mitigé 2020-07-01 07:30:28 +0200
  • Patrick Brun
    a marqué ceci D'accord 2020-06-20 19:28:18 +0200
  • Franck Marcout
    a marqué ceci D'accord 2020-06-20 18:36:28 +0200
  • Véronique Ezratty
    a publié cette page sur À vous la parole ! 2020-06-18 21:33:26 +0200