Changer de mode de gouvernance à l'hôpital

Au-delà des applaudissements, avez-vous entendu l’éloge adressé aux soignants par les patients pour la qualité des soins reçus et, aussi, l’attention humaine qui leur a été portée même dans les pires conditions de débordement des hôpitaux. L’attention que les soignants portent aux autres est tout simplement l’essence de leur action et profession, elle est en grande partie leur motivation, soigner autant que prendre soin ; hier, cette motivation essentielle était remise en question ! Aujourd’hui les applaudissements, hier les restrictions, réductions, injonctions, disqualifications et autres pressions économiques, sociales, administratives et politiques dans une relative indifférence générale. Aujourd’hui des actions de solidarité, hier les cris de désespoir et de révolte des soignants, les grèves administratives, les souffrances professionnelles liées à un exercice en perte de sens face à une gouvernance de la performance asphyxiante et déshumanisante. Aujourd’hui un élan vital est venu, de manière fort paradoxale au regard de notre actualité, se substituer à la tristesse ambiante qui régnait dans le secteur de la santé et du médico-social depuis de nombreuses années, au moins depuis les lois HPST, et les orientations de l’ANAP (agence nationale d’appui à la performance). Aujourd’hui les soignants ont développé avec l’ensemble des partenaires et intervenants des trésors d’énergie et de solutions innovantes pour accompagner au mieux tous les patients, demain nous devrons prendre soin de l’hôpital et des soignants en apportant des solutions nouvelles et des moyens qui montrent plus d’attention et plus de considérations pour les métiers de l’aide qui sont les parents pauvres de notre politique et de notre système. Demain, les moyens financiers ne doivent pas cacher la nécessité vitale de repenser un mode de gouvernance et de gestion au service de l’humain et pas l’inverse !

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  • François Peyron
    a marqué ceci D'accord 2020-05-24 11:50:14 +0200
  • Laurent Maizieres
    a fait un commentaire 2020-05-08 22:18:48 +0200
    Les applaudissements, comme les croissants offerts par le boulanger du coin, tous les gestes de solidarité ne doivent pas rester ponctuels, éphémères. Tous les personnels soignants ont besoin des aides de l’Etat, de moyens humains supplémentaires, d’embauches massives, de soignants et non de responsables de service inutiles et qui coûtent. Tous les personnels soignants, d’aide aux personnes vulnérables, personnels des EHPAD ne doivent être pris en charge et rémunérés par les organismes privés, publics ou la Sécurité Sociale, mais pris en compte directement par l’Etat. C’est travailleu.r.se.s de l’ombre font un travail remarquable et méritent tout notre respect et notre reconnaissance. Comment est-ce possible que ces travailleu.r.se.s soient aussi peu reconnus, ignorés et pas écoutés.
  • Laurent Maizieres
    a marqué ceci D'accord 2020-05-08 22:18:48 +0200
  • jeanine Sarkissian
    a marqué ceci D'accord 2020-05-08 17:31:34 +0200
  • Maxime Bono
    a suivi cette page 2020-05-08 13:15:35 +0200
  • Catherine avril
    a suivi cette page 2020-04-23 14:42:51 +0200
  • Véronique Ezratty
    a fait un commentaire 2020-04-23 07:37:58 +0200
    Absolument d’accord, les difficultés de l’hôpital (comme l’Education) sont liées à des questions de gouvernance. Le pilotage “hors-sol” par des chiffres pour des activités complexes, conduit paradoxalement à la sous-performance (les moyens sont mis pour faire du chiffre pas là où il serait utile) et un cadre de travail déshumanisant. C’est bien connu des sociologues. Il faut redonner la liberté d’organisation aux soignants et c’est possible.
  • Véronique Ezratty
    a marqué ceci D'accord 2020-04-23 07:37:58 +0200
  • Véronique Ezratty
    a suivi cette page 2020-04-23 07:28:55 +0200
  • Antoine Lantier
    a publié cette page sur À vous la parole ! 2020-04-22 22:43:33 +0200