Politique de la ville : combattre enfin les inégalités de destin

En préambule Une citation de Léon BLUM qui correspond si bien à notre idéal socialiste vis-à-vis des citoyens des quartiers populaires et des cités HLM : « On est socialiste à partir du moment où l'on a considéré ce fait essentiel : le patronat et le salariat s'engendrant l'un l'autre et s'opposant l'un à l'autre, à partir du moment où l'on se refuse à accepter ce fait comme nécessaire et éternel, à partir du moment où l'on a cessé de dire : « Bah ! c'est l'ordre des choses ; il en a toujours été ainsi, et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce soi-disant ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité, de solidarité qui vit en nous. » Léon Blum Nous socialistes devons combattre les causes des inégalités de destin et ne pas se contenter de les réduire. Cette population, les malchanceux de la vie, vivant dans les cités HLM et les quartiers populaires de toutes les communes de France de la Métropole à l’Outre-Mer, confrontée sans cesse au mur de l’argent, connaissant le mal de vivre de génération en génération, subissant sans cesse les injustices de la vie, ne possédant pas ou peu un patrimoine scolaire, financier ou immobilier, ni un héritage en vue ou un réseau de relations pour entrevoir un avenir plus radieux pour eux et leurs enfants et comme le chante si fortement Jean FERRAT dans sa chanson « Ma France : celle qui ne possède en or que ses nuits blanches », cette France des quartiers populaires doit croire à nouveau au Parti Socialiste pour changer leur vie. Que l’écologie, l’économie (quelle économie : celle au profit des privilégiés qu’on nommait jadis la grande bourgeoise ou celle dans l’intérêt des hommes et des femmes de la planète respectant leurs besoins, le partage équitable des richesses créées, la démocratie sociale et l’environnement ?) , le sociétal soient des thèmes prioritaires du programme du Parti Socialiste à la présidentielle, aux législatives mais il ne faudrait pas oublier le mal de vivre des citoyens, des citoyennes vivant dans les cités HLM et les quartiers populaires de toutes les communes de France de la métropole à l’Outre-Mer. Ceci étant valable aussi pour l’ensemble de la gauche. Quelques réflexions La première cause du mal de vivre des citoyens, des citoyennes de toutes origines vivant dans les cités HLM et les quartiers populaires de toutes les communes de France de la Métropole et d’Outre-Mer, jeunes ou adultes est le manque crucial d’emplois. Il faut avoir la volonté politique et avoir le courage politique de s’attaquer aux causes du mal de vivre des quartiers populaires en y mettant les moyens financiers, humains et matériels, en étant fidèle à notre idéal de justice sociale, de promotion sociale de ses habitants , d’égalité des chances et d’évolution sociale – intellectuelle – culturelle – immobilière- financière des citoyens et citoyennes de milieu social défavorisé. Les universitaires, les intellectuels, les enseignants, les philosophes, les élus, les sociologues, les journalistes, les hauts fonctionnaires en général énarques qui n’ont pas de souci d’avenir, les bailleurs sociaux, les bailleurs privés proposent des solutions au mal de vivre des quartiers populaires. Ils doivent accepter de confronter leurs analyses et leurs propositions à celles proposées par ces citoyens et citoyennes qui sont les habitants vivant la réalité sociale au quotidien dans leur cité HLM ou quartier populaire et à l’expérience de ceux qui y ont vécu. Ne pas parler, décider sans cesse en leur nom. Les écouter dans l’intérêt de la réussite de la politique de la ville. Les handicapés ne doivent pas être les oubliés de la politique de la ville (facilités d’accès dans les quartiers, les transports, les loisirs, le logement, l’emploi,..) Suggestions à l’attention des habitants de toutes les cités HLM et quartiers populaires de France de la Métropole à l’Outre-Mer - Un audit sera réalisé dans chaque quartier sensible afin d’analyser les réussites et les causes des échecs avec la participation des acteurs de terrain, des institutions, du secteur associatif (associations de commerçants, sportives, culturelles, amicales de locataires, …),des élus, des habitants volontaires sous l’autorité du sous-préfet à la politique de la ville. A partir de ce bilan, des moyens adaptés humains, financiers et matériels avec évaluation des actions seront déployés pour répondre efficacement aux besoins et aux problèmes détectés ou mal réglés. - La politique de la ville doit avoir parmi ses priorités : la mixité sociale et donc le refus de voir les cités HLM, les quartiers populaires devenir de plus en plus des ghettos d’ignorance, de pauvreté, des incivilités, d’intolérance parfois et d’insécurité. C’est au contact des gens plus instruits, plus cultivés que les citoyens, citoyennes de milieu social défavorisé vont progresser intellectuellement, culturellement. La mixité sociale réussira si les institutions concernées décident de prendre les dispositions nécessaires afin que les familles d’origine modeste ou de milieu social défavorisé puissent s’intégrer à la vie sociale, économique, culturelle, associative, scolaire, civique, sportive, politique, citoyenne de leur quartier, de leur commune. - « Quel avenir professionnel durable pour ces citoyens de toutes origines jeunes ou adultes, femmes ou hommes, de faible niveau scolaire avec sans ou peu de qualification suite aux fermetures d’entreprises et d’usines, aux licenciements boursiers, aux délocalisations, au toujours plus de profits des gros actionnaires, à l’informatisation/robotisation/automatisation des emplois qu’ils auraient pu occuper, ? Sont-ils condamnés à être toute leur vie des érémistes, employés précaires ou à temps partiel, employés CESU, chiffonniers, salariés pauvres, allocataires de minima sociaux, chômeurs ou finir leur vie comme SDF ? » - Dans chaque quartier la création d’un comité de quartier sous l’autorité (à définir) avec un quart de postes aux élus, le préfet de la politique de la ville ou son représentant et bailleurs sociaux – le deuxième quart associations de locataires - le troisième quart aux associations caritatives , de la jeunesse, associations de retraités et le quatrième aux travailleurs sociaux qui se réuniront à des périodes fréquentes sur tous les aspects de la vie d’un quartier afin de prendre ensemble les décisions utiles et de mettre en place des actions de prévention et de solidarité. - Les établissements scolaires ouverts le week-end ou le soir pour permettre aux jeunes de pouvoir étudier ou apprendre dans le calme, ce qu’ils ne peuvent pas faire à cause de leur lieu d’habitation (appartement trop petit, le bruit, famille nombreuse) avec un encadrement adapté par des étudiants, enseignants, retraités, bénévoles. Cette ouverture sera utile pour soutenir les jeunes livrés à eux même face à leurs devoirs que les parents ayant un faible niveau scolaire, usés par leur journée de travail et par les transports, parents illettrés ou ne parlant pas ou peu le français ne peuvent aider. - Un tuteur scolaire nommé par l’Education Nationale pour aider les parents dans le suivi scolaire et à l’orientation de leurs enfants. Quelle humiliation pour les parents de ne pouvoir répondre aux questions posées par leurs enfants concernant leurs devoirs et leurs leçons. - Développer les ateliers de lecture, les compagnies théâtrales, les visites des musées et autres monuments par les associations qui seront subventionnées par les diverses collectivités et les Ministère de la culture, de la jeunesse, de l’Education Nation et pourquoi par un budget de l’Union Européenne. Les parents de cette jeunesse populaire n’ont pas la culture et/ou les finances pour emmener leurs enfants dans ces lieux. Le droit à la culture doit être appliqué à tous. - Un partenariat entre les collectivités et organismes HLM avec les fédérations sportives et culturelles comme Léo Lagrange, FOL, le scoutisme, la FSGT, les fédérations sportives (FFF, FFR, FFJ …), les associations de quartier permettront de proposer des activités culturelles, sportives, ludiques, informatiques, scientifiques, citoyennes, manuelles, chantiers de restauration du patrimoine, aménagement de l’environnement du 1er janvier au 31 décembre. Cet encadrement associatif est une réponse à l’ennui, la solitude, l’individualisme de notre société, au risque de délinquance, d’alcoolisme et de drogue pour une partie de la jeunesse mal dans sa peau. - L’environnement de vie des habitants des cités HLM et des quartiers populaires doit être pris en compte par les élus et les institutions. Ces habitants dont une majorité ne seront jamais propriétaires ont le droit aussi au bonheur de vivre dans la dignité et le respect. Les diverses institutions et les collectivités doivent y contribuer en intervenant sur les thèmes suivants : l’entretien des immeubles et des maisons, le bruit, la pollution, les incivilités, vivre en toute sécurité et en toute tranquillité, les transports, le logement, la pauvreté, les loisirs de jeunes à retraités, l’insécurité, l’accès à la culture pour tous, la connaissance de leurs droits en tant que travailleurs/consommateurs/usagers…. Ils doivent être consultés sur l’organisation de l’environnement de leur vie. Il y va de la justice sociale pour tour tous. - Dans chaque quartier populaire une Mission locale avec de véritables moyens et un personnel formé et plus nombreux. Elle a pour principale fonction de favoriser l'accès des jeunes à l'emploi, à la formation, ainsi qu'aux droits sociaux comme la santé, le logement ou encore la citoyenneté. Elles pourront aussi aider les parents qui n’ont pas de relations ou la possibilité de trouver un stage intéressant pour leurs enfants dans une entreprise. Les Missions Locales Elles ont été créées par ordonnance en mars 1982 sous un gouvernement de gauche. - Une Université du savoir dans chaque quartier permettant aux citoyens n’ayant pu suivre des études souhaitant s’élever intellectuellement, culturellement de suivre des formations de remise à niveau, apprentissage du français, lutte contre l’illettrisme, écologie, sciences, citoyenneté, santé, cours d’anglais, expression orale, culture générale, conférences sur le droit du travail, la défense des consommateurs, connaissance du Monde, préparation aux concours administratifs, connaissance de l’Europe et de la Francophonie et aussi de ses écrivains, … « Quand vous semez dans le vaste champ de la République, vous ne devez pas compter le prix de la semence ! Après le pain, l'éducation est le premier besoin du peuple ! » Danton « Nous avons observé, enfin, que l'instruction ne devait pas abandonner les individus au moment où ils sortent des écoles ; qu'elle devait embrasser tous les âges ; qu'il n'y en avait aucun où il ne fût utile et possible d'apprendre, et que cette seconde instruction est d'autant plus nécessaire, que celle de l'enfance a été resserrée dans des bornes plus étroites. » Condorcet - - Création d’une cellule sociale dans chaque quartier pouvant intervenir auprès des familles en difficulté. Celle-ci serait composée d’éducateurs, médiateurs, psychologues, assistantes sociales, animateurs et travaillerait en relation avec les bailleurs sociaux, les établissements scolaires, les mairies, les administrations, le monde médical et associations Elle interviendrait en amont afin de ne laisser personne à la dérive, car trop de parents déstructurés, marqués souvent par une enfance malheureuse, par la dureté de la vie sont livrés à eux même. Il faut arriver à stopper cette spirale infernale de l’échec pour qu’elle ne se transmette plus de génération en génération. Création d’un numéro vert « SOS parent(s) en difficulté » pour aider les parents ou le parent ayant des problèmes dans l’éducation de son ou ses enfants. Intervenir en amont dans l’intérêt de chacun avant qu’il ne soit trop tard. - Présence pour 50% de représentants de locataires dont un pourcentage du monde de la jeunesse dans les conseils d’administration des organismes bailleurs sociaux. Les habitants, ce sont eux qui vivent en HLM et sont confrontés aux divers problèmes rencontrés. Ils sont aptes à faire des propositions sérieuses, concrètes. - Développer les jumelages entre les cités HLM et les quartiers populaires avec les villages agricoles, et donc la rencontre du monde urbain avec le monde rural. Deux mondes qui ne se connaissent pas. On peut aussi voir ce type de jumelage entre les quartiers populaires dans le cadre de l’Union Européenne qui pourrait participer financièrement. Permettre aux jeunes de découvrir d’autres mondes en partageant un moment de leur vie et apprendre à se connaître et à construire des projets de fraternité, de solidarité, d’amitié. - Mise en place de partenariat entre les collectivités, les bailleurs sociaux, les institutions et des spécialistes de la prévention comme Trait d’Union, la fondation toxicomanie et prévention jeunesse, l’observatoire français des drogues pour organiser des actions de sensibilisation, d’information et de formation auprès des adultes, des parents, des jeunes sur les méfaits de la drogue et qui contacter pour se soigner, s’en sortir, se faire aider - Dans chaque quartier, un dispensaire avec une structure performante assurant les premiers soins certes mais aussi mise en place d’une politique de prévention (tabac, alcool, drogue, obésité, contraception, violences familiales, les épidémies, l’hygiène, …). Mais aussi avec un centre médico-psycho-pédagogique pour aider les jeunes en souffrance qui sont dépressifs, mal dans leur peau et ont pour certains des problèmes avec leurs parents. Il faut intervenir en amont afin que ces jeunes ne commettent l’irréparable. - Le sport est un véritable vecteur de respect, de solidarité, de fraternité de volonté et de courage : Recréer le brevet sportif populaire afin de donner goût et envie de pratiquer le sport aux jeunes Une association sportive ou plusieurs dans chaque quartier Ouvrir les terrains de sport et gymnase toute l’année avec des activités encadrées Obligation aux bailleurs sociaux de prévoir des équipements sportifs lors de la construction d’immeubles - Ouvrir le parti Socialiste aux citoyens et citoyennes de jeunes à retraités et leur permettre à ceux et à celles qui le souhaitent après formation d’accéder à un poste au sein des instances nationales ou représenter le PS à diverses élection Nationales ou européennes. Un Parti Socialiste connecté à la réalité sociale vécue par l’ensemble de la population du pays er représentatif de toutes les catégories sociales. - Repenser au statut de l’élu associatif qui permettra surtout aux salariés du privé de pouvoir participer à la vie associative du pays - Enfin le vote des immigrés aux municipales. On a pu constater le fort apport à notre pays de ces citoyens et citoyennes issus de l’immigration de la logistique à l’hôpital en oubliant pas d’autres secteurs pendant cette épidémie du coronavirus. Le coût direz-vous ? Mais quel est le coût de la désespérance sociale, des dégradations, de la délinquance, des divers trafics souvent pour survivre, du chômage générant pauvreté, de la dépression, de l’alcoolisme, de la drogue, des violences diverses, de l’insécurité, du traumatisme causé par les cambriolages, des incivilités, des diverses violences, de celles et ceux qui tardent à se soigner pour des raisons financières, de l’échec scolaire, de l’abandon des familles en difficulté, … Citations à l’attention de la jeunesse populaire (il y a plusieurs jeunesses) : • Un élément important du programme du Conseil National de la que le Parti Socialiste ne devrait pas ignorer : « La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires ». • « Aux jeunes, il ne faut pas tracer un seul chemin, il faut ouvrir toutes les routes » Léo Lagrange, sous-secrétaire d’Etat aux sports et à l'organisation des loisirs sous le Front populaire1936 Autres citations en relation avec cette contribution : • « Mais la solidarité n’est pas seulement affaire d’argent. L’inégalité en France n’existe pas seulement entre ceux qui ont tout – et parfois plus encore – et ceux qui n’ont rien. Elle est flagrante aussi entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas. Entre ceux qui peuvent conduire le cours de leur vie et ceux à qui on ne demande jamais ce qu’ils veulent, ni même ce qu’ils pensent. Entre ceux qui élisent leur domicile et ceux qui sont assignés à résidence. Entre ceux qui commandent sans expliquer et ceux qu’on commande sans les écouter ». Pierre Mauroy • « L’une des fonctions du socialisme c’est non seulement satisfaire les besoins matériels, mais de retrouver le sens du bonheur » Léo Lagrange- • « Le courage c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel » Jean Jaurès Claude BOUCHAFA - Un socialiste à Equihen-Plage dans le Pas-de-Calais ayant vécu en cités HLM aux Blagis (Fontenay-aux-Roses/Bagneux) et à Paris

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  • Pierre Fournier
    a fait un commentaire 2020-05-23 19:18:21 +0200
    Entièrement d’accord et de belles propositions!
    Mais je voudrais que l’on évite un écueil important : de ma propre expérience je sais que les gens ne sont pas reconnaissants, qu’ils ne se souviennent pas que tel gouvernement ou tel parti politique a fait ceci ou cela pour eux. Il ne faut donc pas réfléchir en terme de reconquête d’un électorat mais en ayant la volonté d’aider voir même de secourir (les premières associations ouvrières au XIX siècle étaient des association de secours mutuel, expression magnifique que l’on a oubliée) ceux qui en ont le plus besoin. Et espérer que nos actions, par l’exemple montré, incite d’autres à agir.
  • Pierre Fournier
    a marqué ceci D'accord 2020-05-23 19:18:21 +0200
  • Claude Bouchafa
    a publié cette page sur À vous la parole ! 2020-05-23 18:36:51 +0200