Le libre échange pour les nuls

23/04/2020 13:47 Nouvelle proposition à La consultation Le libre échange pour les nuls Il était une fois un pays dénommé la France qui voulait, avec ses amis européens, développer le commerce avec la Chine et le monde entier. La Chine disait : laissez-nous produire pour vous les téléphones, les médicaments et bien d'autres choses, ce sera moins cher pour vos consommateurs. En plus notre classe moyenne s'enrichira, et elle pourra ainsi acheter vos produits. OK, dit la France, alors nous allons vous vendre des choses que nous savons faire depuis longtemps, comme les biens de luxe et les cosmétiques. Mais au fil des ans, beaucoup de français avaient l'impression de s'appauvrir. De nombreux emplois disparaissaient, des territoires voyaient leurs entreprises fermer les unes après les autres, bref on était loin de la mondialisation heureuse. Pourtant, les experts n'avaient pas pu se tromper à ce point, et d'ailleurs dans les chiffres macro-économiques, comme ils disaient, on voyait qu'un gros paquet de milliards retournait en France. Mystère. Puis un jour on regarda le classement des grandes fortunes et on s'aperçut que les cinq premiers s'occupaient justement de luxe et de cosmétique. En additionnant leur patrimoine, on avait retrouvé 186 milliards ! D'autant que ce classement ne prenait pas tout en compte. Dans certains pays le secret bancaire était encore bien gardé, et puis d'autres actionnaires avaient aussi beaucoup gagné tout en restant sous les radars de Forbes. Youpi, la France ne s'était pas totalement fait avoir ! Par contre à l'autre extrémité de la cordée, cela ne rendait pas leur emploi aux victimes de cette concurrence brutale et déséquilibrée. Les gouvernants leur dirent oui, mais on fait payer un impôt appelé ISF à ceux qui ont gagné et ça compense. A bien y regarder, cet impôt, en proportion, était moins douloureux pour les riches que l'achat d'un meuble Ikéa pour un français moyen, mais c'était toujours ça. A l'inverse ceux qui le payaient trouvaient que c'était encore trop et devinez ce qui arriva, il fut supprimé. C'est alors que survint la crise du coronavirus dont les conséquences économiques seraient, dit-on, du jamais vu depuis 1929 . Il y eut beaucoup de victimes. Des soignants, des employés de magasin moururent en faisant leur devoir. On aurait pu penser que c'était le bon moment pour partager un peu les richesses accumulées grâce à un système qui par ailleurs avait créé tant de désordres et de malheurs. Le gouvernement de la France évacua très vite la question : ce serait non. Pourtant en même temps, il répétait sa volonté de "retisser l'unité nationale". Cherchez la cohérence. Peut-être les vieux réflexes libéraux étaient-ils trop forts. Il faudra attendre un peu pour connaitre la suite de l'histoire. Résignation et "business as usual", manifestations monstres, alternance à gauche ou à l'extrême droite, tout est possible. Et si comme dans les fables il faut une morale, je vous laisse juge

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  • Catherine avril
    a suivi cette page 2020-04-24 14:52:37 +0200
  • Gilbert Baraban
    a marqué ceci D'accord 2020-04-24 10:05:03 +0200
  • Gilbert Baraban
    a suivi cette page 2020-04-24 10:04:36 +0200
  • André Cayrecastel
    a marqué ceci D'accord 2020-04-23 16:02:25 +0200
  • Antonin Tarnais
    a publié cette page sur À vous la parole ! 2020-04-23 14:22:30 +0200