ma contribution

Les français ont une capacité incroyable à se mobiliser pour des causes qui leur paraissent « justes ». Leur colère se tourne contre des mesures qui les spolient : augmentation de la            CSG, réforme des retraites, baisse des financements pour la santé publique pour ne citer que les évènements les plus récents. Ou lorsque la cause leur semble juste, telle actuellement l’investissement des personnels médicaux, des caissières, des éboueurs, des routiers et les applaudissements qui ponctuent les soirées

Jamais ils ne se dresseront pour soutenir le grand capital et les actionnaires qui veulent préserver à tout prix leurs dividendes.

Je crois que c’est cela qui devra guider la réflexion à l’avenir. Il faudra revenir à l’essentiel, ce que l’on nomme les missions régaliennes de l’État. Le terme « État providence » a plus que jamais une résonance particulière surtout après la pandémie qui nous frappe.

L’État est là pour servir ce qui est écrit au fronton de nos mairies : Liberté, Égalité, Fraternité.

- Liberté : liberté de vivre selon ses convictions : mariage pour tous, PMA, GPA. Liberté de culte. Lutter contre l’intolérance et les intégrismes.

- Égalité : face à l’impôt : remettre en place la 1/2 part fiscale pour les veufs et les veuves car ils et elles n’ont pas fait le choix du veuvage, c’est une injustice criante. Taxer les revenus du capital de façon plus intelligente et plus importante que les revenus du travail. Égalité face à la Justice. De trop nombreux scandales nous montrent que nous ne sommes pas égaux face à la Justice, il y a la justice des « pauvres » ceux qui n’ont pas les moyens de se défendre et il y a la justice des « riches », celle qui peut s’offrir des avocats de renom, faire traîner les procès, les jugements, l’exécution des peines. Cette espèce d’omerta face à la puissance et à la richesse est insupportable.

- Fraternité : les français ont démontré leur solidarité face au coronavirus (à quelques exceptions près) et sur beaucoup d’autres sujets. Par contre les états n’ont pas fait jouer cette solidarité.

Une des leçons à tirer de cette pandémie, c’est de lutter contre la mondialisation à outrance, elle a malheureusement, au prix de nombreuses vies, montré ses limites et fait ressortir l’individualisme de tous les états, le notre y compris.

Nous devrons relocaliser chez nous des productions que nous importons pour des motifs soi disant économiques : produits agricoles, médicaments, recherche, textile, industrie...

Plus nous produirons en France, moins les coûts seront élevés. Il vaut mieux percevoir un salaire plutôt que des indemnités de chômage. Tout le monde a à y gagner : l’État qui percevra des impôts sur le revenu, la Sécurité Sociale encaissera plus de cotisations pour financer la santé publique, les caisses de retraites qui pourront assurer le versement des pensions grâce à une base cotisante plus importante. Sans compter la dignité retrouvée des salariés, la satisfaction de vivre du produit de son travail, et d’être utile à la société.

Il faut inverser la tendance : pénaliser les entreprises qui importent ce qui pourrait être produit en France et soutenir fiscalement les entreprises qui produisent en local. Il ne s’agit pas de fermer les frontières ou de vivre en autarcie. Il s’agit de retrouver des règles d’équilibre que nous avons perdues .

J’ai lu comme beaucoup d’entre vous le texte de Coline Serreau. J’aurai aimé avoir sa plume pour crier comme elle mon indignation face à se qu’il se passe aujourd’hui. Mais elle le fait tellement bien et elle écrit ce que des millions de gens pensent. Sa lettre ouverte est inspirante.

J’aime particulièrement cet extrait lorsqu’elle parle de Culture :

« C’est le contraire de la culture des officines gouvernementales qui ne se sont jamais préoccupées d’assouvir les besoins des populations, de leur offrir ce dont elles ont réellement besoin pour vivre, mais n’ont eu de cesse de conforter les élites, de mépriser toute manifestation culturelle qui plairait au bas peuple. »

mais cela s’applique à tous les thèmes de la vie quotidienne.

Au delà de ces réflexions d’ordre général, je suis élue municipale aux finances et à la culture et je vis au quotidien le transfert des compétences et les baisses de dotations qui accompagnent ces transferts. D’où viens l’idée que mutualiser sur un grand territoire produira des économies ? Quel énarque a sorti cela de son cerveau torturé ?

Force est de constater que les intercommunalité et le regroupement des régions n’ont généré que des dépenses supplémentaires, du mécontentement et de la perte de proximité. Par exemple, on m’a imposé le transfert de la compétence « Culture ». Il a fallut transférer à l’intercommunalité la bibliothèque et le conservatoire de musique. (parce qu’on ne transfert pas toute la culture, ça coûte trop cher) J’ai donc perdu une partie de la politique culturelle de la commune :

- l’enseignement de la musique et les initiatives privées qui pouvaient être complémentaires de l’Institution

- le comité de lecture de la bibliothèque qui participait au choix des livres à proposer

- les animations qui étaient proposées à la ludothèque et à la bibliothèque

- les activités passerelles avec les assistantes maternelles et le milieu scolaire.

Tout cela n’a pas de prix, c’est du service public de proximité et pourtant la commune reverse au budget de l’intercommunalité les sommes qu’elle y consacrait. Sans pouvoir participer à la politique mise en place par l’intercommunalité…quelle frustration !

Mais je suis également une militante associative engagée mais frustrée:

- dans la lutte contre les violences faites aux femmes : je suis administrateur bénévole d’un foyer qui accueille ces femmes en danger. Combien faudra t’il de mortes pour agir, d’autres pays ont trouvé des solutions pourquoi pas la France.

- dans la perte d’autonomie des personnes âgées : j’ai créé il y a 10 ans une structure associative d’aides à domicile. Et je vis au quotidien l’injustice de leur métier : salaires de misère, dévalorisation de leur travail, aucune reconnaissance de leur investissement, elles sont d’ailleurs les grandes oubliées de la lutte contre le coronavirus car en toute première ligne pour s’occuper des personnes âgées confinées à leur domicile.

- dans la formation : je siège au conseil d’administration du centre de gestion de la fonction publique territoriale de mon département, et au conseil d’administration de la Maison de l’Emploi de mon secteur (une des rares qui reste après le désengagement de l’État dans les missions des MDE et des Missions Locales), là aussi quelle frustration de ne pouvoir mettre en place des outils d’accompagnement et de suivi efficace par manque de moyens !

Je constate tous les jours que « si tu as besoin de quelque chose, demande à l’État, il te dira comment t’en passer ».

Je me demande ce que je vais laisser à mes petites-filles (9 ans et 16 mois) quand je ne serai plus là pour les aider et les soutenir

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