Ma deuxième contribution

Covid-19 : les bons, les brutes et les truands « Nous sommes en guerre », c’est l’affirmation brutale et en partie assez réaliste, réitérée 6 fois par le Chef de l’Etat. A ceci près que nous sommes en situation épidémique, une pandémie mondiale désormais, faisant des dizaines de milliers de morts. On retrouve, comme dans toute heure sombre, une exacerbation de comportements extrêmes. L’ennemi n’y est plus l’Empire germanique, puisque l’Allemagne accueille désormais nos patients et envoie masques et protections ; mais une maladie encore très mal connue, mal maîtrisée, à la dynamique peu prévisible, le Corona virus disease apparu fin 2019, ou Covid-19. Et face à elle, tout semble se décomposer à toutes les strates du Pays. Cette phase qui devrait précéder inéluctablement une reconstruction de bas en haut notre matrice économique et sociale . Elle réitère l’affrontement entre les résistants et collaborateurs, entre combattants et profiteurs. La vertu face aux vices les plus vils, placés désormais sous la loupe d’une information devenue continue, à travers des images distillées à une masse de citoyens dont le cerveau n’a jamais été, pour certains en tous cas, autant disponible pour réfléchir et expérimenter, et pour, au final, penser le monde de demain. Du côté des « brutes », il y a ceux qui menacent les soignants après une journée harassante. N’hésitant pas à user de menaces verbales ou physiques afin de les dissuader d’accéder à leur propre logement. Ne reculant pas à fracturer leur véhicule afin de se procurer des éléments essentiels, vitaux, indispensables à l’exercice de leur mission humaine. Il y a ceux qui agressent les forces de l’ordre pendant le contrôle régulier de leur titre de sortie. Citons encore les leaders d’opinion qui de façon feutrée ou non, appellent à « une prochaine sortie du confinement », ultimes défi ou mépris face à des policiers qui n’ont reçu aucune protection et à qui on avait initialement demandé de ne pas se protéger. Véritables incitations au contournement , ces appels sont un mauvais signes à ceux qui transgressent le dispositif depuis de 16 mars dernier. De guerre lasse, les forces de l’ordre pourront-elles garantir, face à ces incantations , un confinement suffisamment efficace et durable ? Du côtés des « truands », on découvre les petits profiteurs qui n’hésitent pas à voler des protections destinés aux soignants, y compris dans les hôpitaux pour les revendre y compris sur les site d’annonces locales. On voit également les grands spéculateurs acheter une cargaison gigantesque de masques pour les soustraire à son acquéreur, quitte à la monnayer au nez et à la barbe de la France, ravissant au Pays ces éléments précieux pour les combats sanitaires de première ligne. Quant aux « bons », ils sont heureusement les plus nombreux et les plus fidèles à leur serment, véritables résistants d’une armée de l’ombre. Médecins et infirmières contaminées, mais qui restent loyalement à leur poste pour affronter, vague après vague, un virus qui ronge inexorablement toutes les catégories sociales, toutes les régions, tous les âges. Ils agissent hors protection, hors règles de durée du travail, aux marges des obligations nées de leurs contrats ou leur statut. Les « soldats de la vie », au sein de ces brigades de l’espoir, parviennent à faire face, à se relever, à reprendre leur position, bref à entourer, guérir l’immense majorité des patients concernés. Il y a également tous ces volontaires qui ont spontanément répondu aux appels à constituer les réserves sanitaire, civiques, citoyennes. N’oublions pas non plus les forces de sécurité, publiques comme privées (pompiers, gardiens, policiers et gendarmes), les caissières ou les ouvriers qui vont bientôt fabriquer les respirateurs manquants et bientôt tenus d’effectuer 10 heures de travail quotidien tout en faisant abstraction de leur vie personnelle. A tous ces héros du quotidien qui mettent non seulement leur vie en danger pour protéger et servir mais aussi la vie de leur famille, « et de notre actuel quotidien », un hommage durable devra être rendu. Celui-ci Il devra être à la fois » matériel et symbolique. Cette guerre, lorsqu’elle sera vaincue, imposera pour toutes les catégories impliquées, tout d’abord une amélioration substantielle de leurs rémunérations, un équipement d’urgence individuellement garanti, incluant un nombre significatif de masques, de gants, de gel, de lunettes, « de protections » de telle sorte qu’ils ne connaissent « plus jamais ça ». Un statut professionnel ensuite, reconnaissant cet effort majeur, pourra leur être accordé intégrant pleinement le rôle central de ces professions clés dans la future Société. Une journée officielle, pourquoi pas, devra leur être dédiée, afin qu’ils puissent défiler sur la plus « Belle avenue du Monde » aux côtés de leurs compagnons d’armes. Afin qu’une fois encore les milliers de Français puissent applaudir leur générosité, leur dévouement, leur abnégation, leur courage. Et surtout, qu’aucun citoyen ne puisse jamais oublier cette guerre sanitaire. Ils demeureront les combattants de la liberté, celle que nous recouvrerons un jour prochain ; celle que nous attendons avec ce mélange d’impatience et de félicité retrouvée. Jean-Luc Minier Membre des projets Icaunais « Ravitaillement 89 » et « A nous de jouer »

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