Ma première contribution

Ravitailler durablement les habitants de nos territoires sans faire proliférer le Covib19 , JL Minier La question du ravitaillement et de la survie économique en situation épidémique a toujours été une question majeure lors des périodes de confinement (ou quarantaine). Elle l’est pour nous, d’autant plus difficile, qu’avec l’interdiction des marchés ouverts, un certain nombre de concitoyens voient là une des pistes de la distribution classique de tarir. Parallèlement, l’accès aux lieux de production fermière et maraîchère devient difficile en raison du caractère strict du confinement, contrainte accrue encore davantage pour les populations âgées. Cette question est d’autant plus aigüe que le risque de contamination multiforme est réel : - Contamination directe entre clients sur un même lieu d’achats ou avec les personnels ( hôtesses de caisse par exemple ) - Indirecte, via les différents supports que peuvent toucher les personnes contaminées et non encore dépistés (au rythme de 30 000 par jour, il faudrait trois mois pour dépister 5% de la population française) La demande d’un ravitaillement sécurisé est au cœur de la requête en référé devant le Conseil d’Etat déposée par le syndicat des jeunes médecins. Au-delà des enjeux de sécurité publique, il y également plusieurs enjeux économiques dont l’essor des circuits courts, vecteur d’une nouvelle économie rurale. Sans éluder la question politique de la mission des collectivités locales qui doivent jouer un rôle essentiel, notamment celles de proximité comme les communes et leurs Centres communaux d’action sociale (CCAS) . L’objectif doit viser la fermeture de tous les lieux de ventes susceptible d’accroître le développement du virus Bien entendu, la question du ravitaillement ne doit pas éluder celle des soins pour tous, suspendus pour l’heure, la question du divertissement, de la culture qui doivent poursuivre sous d’autre formes : le numérique notamment I- Création d’un portail d’accès aux produits de première nécessité par communautés de communes A- Recenser l’offre des producteurs, commerçants et distributeurs Certaines communautés de communes l’ont déjà fait, comme en Puisaye-Forterre, en s’appuyant sur les communes établissent un recensement des producteurs de viandes, légumes ou fruits. Les établissements de la grande distribution qui ouvrent en drive y sont associés , ces étant incités à intégrer les producteurs locaux La totalité des acteurs prêts à contribuer au projet Sécurité du ravitaillement doivent, après un appel à candidature, s’inscrire auprès des services économiques de la Communauté de communes et des communes pour y participer. B- Développer un outil de commandes en ligne (Numérique et téléphone) L’ensemble de l’offre économique doit être accessible via un portail unique et un centre d’appel 1- Les produits sont récupérés in situ sur le lieu du drive C’est possible dans les établissements de la grande distribution et les drive fermier. Le contact physique y est limité, et le risque de transmission est restreint 2- Se faire livrer en porte-à-porte Le porte-à-porte concernera les producteurs ne disposant pas d’une tradition de vente à domicile et profitera aussi à ceux de nos concitoyens qui ne peuvent pas se déplacer et ceux dont le portage des repas est suspendu. II- Quelle logistique ? Elle repose sur une étroite collaboration entre la grande distribution et les producteurs du territoire. Compte-tenu du confinement, une livraison par semaine peut constituer un tempo acceptable. La présence des citoyens à leur domicile garantit la récupération et la conservation de produits A- Le plate-forme centrale des expéditions La fermeture des établissements de grande distribution , doit permettre avec leur accord, de les transformer en plate-forme logistique et devenir le centre de préparation de chaque colis. Chaque producteur maraîcher livre ainsi les commandes ses produits vers la surface dont les salariés préparent les colis en vue de leur expédition. B- Les livraisons ? Pour le reste, un quadrillage des communes peut être opéré par les élus et personnels municipaux et CCAS, notamment quand celle-ci assure déjà le portage à domicile des repas, notamment pour les personnes dépendantes. Ainsi dans une commune de mille habitants (500 foyers), cela donne 100 points de livraisons par jour. 2 à 4 personnes peuvent se partager ce travail. Des citoyens volontaires peuvent dorénavant participer à ces missions d’intérêt général confiées par les autorités administratives C- Le paiement. Il s’effectue à la commande via le portail, par règlement sécurisé ou par transmission d’un chèque Cette formule repose sur une collaboration très étroite entre la grande distribution, dont les volumes sont nécessaires en cette période, et les producteurs agricoles, fermiers, maraîchers et fruitiers viviers de l’avenir de notre ruralité . C’est un pari osé sans doute, mais nulle autre période récente n’a permis de redéfinir avec autant de profondeur notre logiciel économique. C’est aussi l’occasion de refonder notre logique d’alimentation en recentrant sur les producteurs ancrés dans notre territoire.

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