Pertes d'exploitation des professionnels et assurances suite au coronavirus

L'Etat ne pourra pas tout sauf à le mettre dans quelques mois en position très difficile car malmené par les marches financiers (comme le furent la Grèce, l'Italie, l'irlande, le Portugal après la dernière crise financière). Et ce sera au grand détriment de tous. Aussi essayons d'envisager un système plus coopératif, plus solidaire.

Madame Florence Lutsman, Présidente de la Fédération Française des Assurances (FFA) a déclaré dans Les Echos du 20 mars: " S'il fallait couvrir les pertes d'exploitation de tous ceux qui sont aujourd'hui touchés par les effets de la pandémie et surtout les effets des décisions gouvernementales qui ont été prises, ce serait totalement hors de portée des capacités des assureurs. On est dans une crise qui est systémique. Les risques systémiques ne sont pas mutualisables et ne sont pas assurables. On est dans une situation qui nécessite une intervention de l'Etat. Nous, nous pouvons venir en complément ".

 Mais elle a ajouté une idée importante " Un état de catastrophe sanitaire c'est une idée pour le futur; Il faudrait un mécanisme d'accumulation de primes dans le temps pour éventuellement couvrir les catastrophes sanitaires."

C'est une idée à travailler non pas demain mais maintenant et au plus vite. Elle peut, elle doit être instaurée pour cette crise actuelle sans précédent, capable de générer des risques économique, politiques et sociaux incommensurables dans les années qui viennent. Aussi j'avance l'idée qu'il est possible de préfinancer dès maintenant un tel mécanisme de primes. Mécanisme capable de couvrir immédiatement au moins partiellement, mais substantiellement, tous les secteurs touchés par la fermeture administrative du 14 mars, avec en contrepartie des prélèvements, des primes, étalées sur disons 3 ou 4 ans (durée à évaluer le plus précisément possible bien sûr) sur les entreprises aidées ou plutôt sur toutes les entreprises desdits secteurs violemment touchées dans leur activité, que ce soit après cette fermeture administrative ou par l'évaporation " spontanée" de leur activité ( le champ à couvrir est un point épineux mais à négocier sans perdre de temps pour ne pas bloquer le projet). Ces prélèvements, ces primes, pourraient être allégées annuellement par une aide significative de l'Etat et réduites par une participation des assureurs non symbolique.variant selon que l'entreprise avait ou non souscrit à une couverture des pertes d'exploitation (cf.ci-dessus les propos de Madame Lustsman "Nous, nous pouvons venir en complément").

Il faut vite constituer un tel fonds, sous la forme d'un fonds commun à toute la profession des assureurs, comme les emprunts groupés l'ont fait pendant des décennies jusqu'à une date assez récente.

Profitons de ce savoir faire pour les étudier: cela pourra utilement éclairer de la meilleure façon de partager les risques et d'établir les garanties à offrir aux souscripteurs. Ce fonds lèverait sans doute une dizaine de milliards sur les marchés dans un premier temps, voire plus si nécessaire un peu plus tard, en profitant des taux d'intérêts actuels proches de zéro. En même temps qu'une évaluation des besoins qui pourraient porter sans doute sur deux mois et demi à trois mois de non activité desdits secteurs, il faut mobiliser une task force au plus vite, composée des meilleurs experts et praticiens publics et privés de levées de fonds obligataires sur les marchés internationaux pour parfaire le prospectus et travailler sur la présentation aux investisseurs.

Par un tel dispositif on peut agir immédiatement tout en étalant dans le temps son poids tant pour les entreprises que pour l'Etat et les assureurs. Il profitera à coup sûr de la puissance financière et de la bonne signature des assureurs travaillant en France pour lever ces fonds en profitant, redisons-le, de taux encore très bas. A la fin de l'amortissement de ce dispositif celui-ci pourrait être transformé en dispositif pérenne pour constituer "le mécanisme d'accumulation de primes dans le temps pour éventuellement couvrir les catastrophes sanitaires" énoncé par Madame Lustman.

Il faudrait un accord de principe au plus vite (les modalités étant précisées par la suite) pour redonner confiance et espoir à tous ces professionnels violemment touchés et leur permettre tous d'obtenir leur part des crédits garantis à 90% par l'Etat alors qu'aujourd'hui ceux qui sont mal notées par la Banque de France ou ceux qui ne le sont pas (c'est -à- dire le plus grand nombre) n'en bénéficient qu'au cas par cas (cf. Les Echos du 3 avril).

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