proposition

Je suis socialiste de toujours. Fidèle de Jaurès, Rocard, Blum,
Mendès, Delors. Élu et acteur de la société civile : ingénieur,
urbaniste, enseignant à Paris Université, ex sous directeur de
ministère. Le rétrécissement du PS me semble à la limite de la
rupture. Je lance un message que je sais qu'il sera mal reçu par la
petite majorité qui a récupéré le sigle. Je vous demande de la lire
car je crois que c'est globalement (et à débattre) dans le sens d'un
renouveau. Localement, je baisse les bras car dans nos banlieues on
voit des petites minorités PS au pouvoir après avoir dégoûté toute
autre contribution en se raccrochant servilement à des lambeau d'un
PC/FI qui a mis 50 ans à se forger des populations à leur main
dépendantes et asservies et sur lesquelles (les municipalités)
l'appareil central du PS semble n'avoir plus aucune prise excepté le
fait d'avoir quelques voix dans les statistiques. Attention, ceux qui
regardent le PS voient ces compromissions inacceptables !


Je vous écris en réponse à l'appel fait par le PS pour des idées de
militants sur la situation politique et économique de la France. En
cette période de crise, on a du temps pour réfléchir. J'hésite à le
faire car il y a deux jours nous avons " à l'avance" reçu la réponse à
ces questionnements exprimée par le Secrétaire National avec autorité
et certitudes : "il faut accroître la dette, développer un contrôle
uniquement public de l'économie (logements, transports, finances,
...), attaquer et faire payer l’État ("parce que l’État ce ne serait
pas nous ! ") et faire payer les entreprises, ces salauds,...". En
parlant de vrais riches et de vrais pauvres sans préciser ce que ça
veut dire et ainsi contourner les enjeux de progrès et de solidarité
principaux. Vieilles paroles d'une chanson enfantine et irresponsable
(au sens "je ne veux pas gouverner") qui ne me satisfait pas, mais qui
est le logiciel du PS depuis près de 40 ans : "on cause à l’extrême
gauche et on agit modérément social". Cette posture permet aussi à une
petite nomenclature rassemblée dans un grenier à Ivry de maintenir
leurs pouvoirs et rémunérations sans perspectives de sortie de cette
crise politique à gauche. Autour de moi, aucun vrai "socialiste" (ceux
qui croient au progrès, à la solidarité et à la richesse de
l'environnement humain et naturel) ne votent plus pour cette version
dégénérée du socialisme (au sens qui a vieilli sans se renouveler) et
qui cependant ne savent plus vers qui se tourner (depuis 2 ans, dans
le Val de Marne des élus Sénateurs, Députés, Maires se sont auto
proclamés sans que aucun n'ait produit une seule page de réflexion
autre que "contre Macron", c'est court et bien payé. Pourtant, pour
nous (je pense en particulier à des responsables d'associations, de
services publics et privés, souvent proches ou ex PS) il y a
actuellement un vaste champs (majoritaire) libre politiquement pour
une vraie gauche de gouvernements locaux ou nationaux... Beaucoup se
retrouvent chez Macron. Celui-ci en posant des vrais problèmes
(gouvernance, statuts professionnels, services publics, homogénéité
européenne, environnement,...) mais en cherchant à les traiter surtout
techniquement butte sur l'absence d'une résolution politique
nécessaire. Il faut aussi aborder les problèmes politiques. Les
socialistes ne peuvent pas ignorer qu'avec le même drapeau
"socialiste", ils sont là depuis un siècle et ont faits des choix bon
ou mauvais qu'il faudrait assumer. Par exemple, les Ministres qui ont
bien ou mal géré la décentralisation, l'enseignement, la fonction
publique, l’hôpital et les crises virales sont surtout socialistes !


Je propose de remonter en amont pour aborder des thèmes structurants :


- les échelles de gouvernances,

- organisation spatiale des habitants,

- la solidarité sociale

- les domaines de compétence de l'action publique

- l'organisation des partis politiques


Ces sujets sont à regarder pour nous avec une perspective de gauche,
de progrès, de solidarité des moyens (financier et environnementaux),
des territoires et des âges, de prise en charge du long terme, d'une
culture laïque. Au départ, posons des encadrants simples : réduire la
dette publique (100 % du PIB), plafonner la part réservée aux
retraites à 14 % du PIB et limiter les prélèvements fiscaux à ce
qu'ils sont aujourd'hui. Toute dérogation à ces invariants ne pouvant
se faire qu'avec un affichage clair, partagé et social des bénéfices
correspondants. Aucun "père de famille" ne verrait les choses
autrement. Si on admet ces prémisses, il faut trouver des marges de
manœuvre et des stratégies pour arriver aux résultats.


1 - Les échelles de gouvernance.


Le système français est tellement embrouillé qu'il est illisible et
inefficace. Tout regard sur la chose publique doit se faire sur un
TERRITOIRE. Un territoire est un espace physiquement limité sur lequel
un acteur public politique peut conduire des observations, effectuer
des diagnostics et intervenir auprès des habitants, actifs et
ressources internes en effectuant des arbitrages politiques, mettant
en œuvre des solidarités, élaborant des projets et rend compte des
résultats dont il est totalement responsable. Pour cela ce territoire
doit avoir un gouvernement responsable affichant dans un document de
planification ses intentions, votant un budget et des moyens, en
rendant compte et se faisant élire sur cette action. Ce territoire
n'est pas totalement autonome car il peut et doit "contractualiser"
avec des territoires autonomes et responsables plus larges et plus
petits qui à leurs échelles définissent des objectifs, mobilisant des
moyens. On sait très bien ce qu'est un enjeu ou une action de grande
échelle ou de petite échelle. Mais aujourd'hui l'accumulation dans
l'histoire des réformes sans bilans fait que l'on ne sait plus qui est
responsable. Une dérive française de la décentralisation de 1982 a mis
en avant la notion de "compétence" faisant que sur un même territoire
c'est une instance qui s'occupe du logement, une autre qui parle de
l'emploi, une autre qui regarde et finance les transports, une autre
encore qui pense au long terme sans aucune obligation claire de
cohérence ni hiérarchie entre ces trop nombreux acteurs. Pas de projet
d'ensemble, pas d'arbitrage, pas de responsabilité, mais un jeu
pervers de défausse. Le système des élections est ainsi aussi
particulièrement pervers. Les Régions sans moyens traitent de
l'économie mais les représentants sont élus dans des circonscriptions
départementales. Les Conseillers Départementaux ne sont pas élus sur
un "projet départemental" qui n'existe pas, mais sur un petit Canton
qui ressemble étrangement à une intercommunalité sur laquelle ils
n'ont pas de "compétence". Les documents d'urbanisme sont de plus en
plus intercommunaux mais sans que ce soit clair ni que ce niveau ait
des élections, des budgets, des responsabilités ou de l'autorité sur
le financement des logements qui devront remplir les projets indiqués
dans ces documents d'urbanisme. L’État qui ambitionne de tout
coordonner n'en a plus les moyens et la montée de certains élus locaux
forts limitent son action et ces grands élus ont la facilité de
renvoyer les dysfonctionnements sur cet État ambitieux et impuissant.

Il est temps de définir un nombre limité de niveaux légitimes,
responsables et puissants. Forcément ceux-ci doivent être limités en
particulier pour réserver les moyens disponibles forcément aussi
limités de régulations régaliennes, de contractualisations politiques,
de réalisations,... à ces seuls niveaux. On ne compte plus les niveaux
de gouvernement et d'administration en France, inutiles, concurrents
avec des compétences partielles, coûteux, pléthoriques ou
insuffisants. Depuis 1969 des réflexions sont conduites sur ce sujet à
travers la décentralisation de l’État jusqu'alors hyper présent dans
un monde de 36 500 villages regroupés dans un État unique. Mais les
décisions faites dans l'urgence en 1981 n'ont pas été rationnelles,
les instances existantes ont forcé l’État (socialiste !) à maintenir
et à renforcer leur "petites" positions départementales et communales.
Les divers élus ont défendu leur poste (pouvoir et rémunération), se
sont glissés dans les nouveaux niveaux créés sans que l'on supprime
des niveaux ni indique comment l'ancien et le nouveau s'articulent.
Tout est à revoir. Il semble évident que l'action publique doit
s'exercer aux quelques niveaux où se posent les problèmes réels vécus
par les habitants et les entreprises. Ce qui n'est plus aujourd'hui le
même qu'en 1789 ou même en 1947.

En faisant court, on doit conserver trois niveaux : international,
régional et local, seuls bassins de vie des français.

Il faut d'abord avoir une régulation internationale (protection et
sécurité sanitaire et militaire, immigration, transports longue
distance, énergie, régulation économique et implantation de grands
groupes industriel, pollution recherche,...) avec un renforcement de
l'autorité des moyens de régulation européens et une présence dans les
instances internationales (tribunal, armée, conférence,
sanctions,...). L'Europe est l'institution adaptée même si les États
sont, en l'absence d'une bonne intégration législative et financière
en Europe, temporairement, encore nécessaires.

Le second niveau est Régional. C'est dans la Région de façon
spécifique (Le Nord Pas de Calais ne vit pas de la même façon que le
Limousin), que se joue l'équilibre entre les espaces naturels et
urbains, entre les différents niveaux de villes, villages et hameaux
et les transports qui doivent les relier sans induire un trop grand
étalement urbain, que s'organise le développement économique et la
gestion des ressources hydrauliques et énergétiques, que la culture et
les paysages peuvent être développés et protégés, parfois de façon
transfrontalière. L'ensemble de l'Europe est organisée en Régions soit
à l'intérieur des anciens États, soit avec les petits États de taille
régionale (Scandinavie, Balkans,...). C'est à ce niveau que doivent se
gérer les aides sociales diverses dont le logement car c'est là que se
crée la richesse économique. S'il faut loger des ouvriers ou des
employés liés au tourisme c'est parce que la Région crée les emplois
correspondants, la richesse d'un côté contribue aux dépenses de
l'autre, en intégrant un processus économique et social global (à
l'opposé du système actuel qui fait que la Région Île de France se
fait aider par le Limousin à travers l’État alors que c'est la Région
la plus riche d'Europe !). Il faut internaliser les solidarités, seule
façon de les réguler politiquement. L'absence de liens entre les
recettes et les dépenses fait partie malheureusement de la culture
scolaire et politique de la France d'après 1945 ("L'Etat paiera !")

Le troisième niveau, local, est celui des intercommunalités qui
devraient s'appeler les "Villes" (environ au moins 3015 000 h). C'est
à la fois à cette échelle que l'on peut organiser l'occupation fine de
l'espace (cadastre, documents d'urbanisme) et assurer le contact avec
les habitants et les entreprises. On peut y assurer un contact
personnalisé, sur mesure, une écoute et une vraie réponse. La
fiscalité locale y est suffisante pour y créer des équipements, faire
des travaux et gérer de la diversité sociale et fonctionnelle (80 %
des Communes françaises actuelles sont de la taille des copropriétés
urbaines !). Une ville doit accueillir en même temps des patrons, des
ingénieurs, des artistes, des ouvriers, des jeunes et des pauvres...

A chaque niveau il faut avoir une représentation politique élue qui
s'engage sur un budget, un projet et se dote des moyens d'ingénierie,
juridiques et financiers de cet engagement sur l'ensemble du
territoire en étant totalement libre et indépendant de la gestion des
enjeux de son propre niveau. Le reste de niveaux accumulés, partiels,
surannés, pléthoriques doivent disparaître ou s'intégrer dans cet
édifice administratif responsable (État, départements, "pays",
cantons, circonscriptions législatives, communes, quartiers,... Il y a
une économie de moyens publics d'environ 60 % à en attendre pour un
meilleur service. Ceci ne veut pas dire que l’État, les Département,
les Communes, les quartiers doivent disparaître. Ces structures
doivent trouver leur intégration sous forme d'antennes locales, de
relais, ...

Au delà de l'autonomie responsable de ces trois niveaux, le principe
de gestion administrative doit être la "contractualisation
conditionnelle". La France ne connaît pas cette évidence pour des
raisons historiques (qui devront être explicitées). Elle est
totalement mise en œuvre dans l'administration européenne, le FMI et
toutes les structures responsables fonctionnant avec plusieurs
niveaux. Pour la préciser, simplement : il est évident que les Régions
sont différentes au sein de l'Europe et les Intercommunalités au sein
de la France, mais par cette démarche l'Europe à l'issue de
diagnostics, de demandes et de contrats ira aider les Régions qui
auraient un déficit particulier. En revanche, par le contrat, elles
exigeront que les Régions atteignent d'autres objectifs éventuellement
dans d'autres domaines non partagés sans quoi ces aides leur seraient
retirées. C'est une gestion évidente en "bon père de famille" avec la
recherche d'un résultat. En France, jusqu'à présent, les aides sont
apportées aux Communes qui le demande sans exigence de résultat.
Ainsi, la Politique de la Ville apporte depuis les années 70 des
millions à des Communes qui les utilisent à leur gré pour faire de
l'animation locale sans que les banlieues s'engagent à changer leurs
politiques de peuplement. Seul, dans une certaine mesure les actions
Borloo ont introduit des contreparties à ces aides pendant un certain
temps (aides locales si les communes détruisent des logements HLM et
reconstruisent des logements diversifiés). Dans les domaines de la
gestion de l'eau (GEMAPI par les Agences de l'Eau) ou de la qualité de
l'agriculture (BIO) cette politique de contractualisation
conditionnelle est progressivement introduite. Mais si, comme jusqu'à
présent, par le jeu du cumul des mandats, des fraternités
politiques,... ce sont les même qui exigent et qui contrôlent, il n'y
aura pas de progrès. En Belgique, en Allemagne les présidents de
Région ou de Land ont un poids autonome important

.

2 - Organisation spatiale des habitants :


La France est la championne de "l'étalement urbain". Elle profite
d'être le pays le moins dense d'Europe. La maison individuelle (avec
voitures) est le modèle de la réussite sociale d'après guerre. Elle
veut incarner liberté individuelle, prospérité. Elle a été permise par
la progression importante des budgets départementaux (avec l’État
avant 82 et avec les Départements après) qui ont développé des réseaux
routiers de moyenne distance pléthoriques permettant de conserver les
temps de transport quotidiens tout en doublant les distances
parcourues (et multiplié par 4 les surfaces desservies) et par 10
l'énergie nécessaire de 1965 à 2000. Signe de progrès dans la
génération 68, le phénomène d'étalement montre aujourd'hui ses
limites. La Ville constituée ainsi consomme les espaces horticoles et
agricoles les plus intéressants, elle isole les populations les unes
des autres (une motivation non avouée du "loti" est de fuir des
populations et des écoles où il ne faut aller,) elle coûte très cher
en fonctionnement (et même rend impossible la desserte en transport en
commun des zones trop diluées). Inversement, elle flatte le Maire de
ces petites communes périurbaines (Maires socialistes qui prétendent
accompagner le "progrès social", l'entre soit de classes moyennes
socialistes, voire prétendument "écologistes" car près de la nature).
Ces politiques ne voient pas le repli des classes supérieures sur les
quartiers centraux des métropoles, le délaissement des quartiers de
grands ensembles laissés à l'appétit électoral de l'extrême gauche
(PC,FI certains PS). On entend toujours des discours sur la normalité
de ces départs en banlieue pavillonnaires moyennement proche car les
centres deviendraient trop chers. Il faut être clair : la montée des
prix dans les zones centrales des métropoles sont liés à deux
phénomènes concomitants : l'interdiction de construire dans les
banlieues proches souvent soutenus par un discours anti classes
moyennes (se faire envahir par les parisiens). Les densités de
banlieue sont 3 à 4 fois moindre que la zone centrale du fait de cette
inconstructibilité. D'autre part, la banlieue refuse aussi
d’accueillir les équipements d'excellence (gare, théâtres, université,
ministères,... qui ne seraient pas totalement contrôlés par "le Maire"
) et qui c'est vrai pourraient valoriser un peu l'environnement et les
prix fonciers mais en modérant globalement les prix foncier par un
élargissement de l'offre. Le repli sur soi, permis par la maîtrise des
documents d'urbanisme est une cause importante du renchérissement
foncier par rétention. Les urbanistes et élus proches de la gauche ont
développé des processus compassionnels en pleurant sur les pauvres SDF
qui ne pourraient plus habiter dans les centres ville et qui en
déduisent de "bourrer" les proches couronnes avec des HLM (qui leur
seraient favorables électoralement en suivant la logorrhée de
l’extrême gauche trotskiste et communiste). En vieillissant les
propres générations qui sont parties en banlieue cherchent à revenir
dans les centres. Le parc de "pavillons" encore occupé par les
retraités qui n'en peuvent plus de monter les escaliers et tondre le
gazon. Ils s'y accrochent et les Maires construisent d'autres
lotissements pour le même malentendu social de leur parents en créant
des drames à la fois financiers, écologistes et sociaux (j'ai écrit à
la documentation française un ouvrage "La ville et l’enjeu du
développement durable" qui est passé un peu inaperçu tant les élus ne
voulaient pas voir le triple drame qu'ils organisaient) . Les
intercommunalités ne se généralisent pas (aujourd'hui sabotés par le
législateur (socialiste?) avec pas d'élections claires, pas de budget
automatique, pas de documents d'urbanismes intercommunaux
systématiques, pas de hiérarchie par rapport aux Communes,...). Les
nouveaux Maire/Président des intercommunalités ne peuvent bloquer des
dérivent qui coûtent cher. Les "aides conditionnelles" permettraient
d'imposer une économie foncière (que l'article L6121.1 du Code de
l'urbanisme n'a jamais pu faire respecter en conditionnant les aides
au respect de cette règle (réorganisation de l'espace habité de façon
plus compacte et plus facile à gérer).

On peut rajouter en rentrant plus dans le détail de l'urbain que
l'espace européen change fondamentalement. Il offre des métropoles
performantes au niveau mondial ce qui est bien en terme industriel,
commercial et souvent de qualité de vie. Les autres pays européens ont
aussi su développer des villes moyennes agréables, à vivre, moins
chères, et performantes économiquement ce que la France n'arrive pas
vraiment à faire (l'emploi et surtout le prix de l'immobilier
s'effondre sur ces villes). L'Europe, la France devraient retrouver un
système d’agrément pour l'implantation d'entreprises publiques et
privées dans ces villes en les incitant et les accompagnant pour
stabiliser l'urbain dans ces villes moyennes (32 000 villes en France
ont moins de 10 000 habitants). Elles sont pourtant viables
économiquement avec des équipements de première nécessité de niveau
suffisant. pendant ce temps, les trop petites villes périurbaines ou
semi rurales se développent, ne sont pas gérables et génèrent
inutilement du mécontentement chez leurs habitants. Leur dérive
urbaine n'est que le fait de l'émiettement de la gouvernance
territoriale spécifique à la France.


3 - La solidarité sociale :


Parmi les objectifs de la gauche la solidarité sociale est fondamental
(la droite républicaine est en général assez favorable à une
rationalisation des budgets, une gestion économe,... ce qui peut être
partagé). Comment le faire dans les contraintes posées ci-dessus ?

Les mouvements sociaux récents, bien que très désorganisés, montrent
une grande sensibilité aux injustices sociales de proximité. On refuse
que les enfants des autres n'aient pas le même accès aux études, aux
facilités de la vie (voiture, loisirs, logement,...) alors que ces
différences sociales étaient assez bien tolérées avant (même le
"progrès" de 1968 luttant contre "les héritiers" est dépassé).

C'est une sensibilité qui mérite d'être respectée. La fiscalité
devrait être plus hiérarchisée avec des impôts égaux pour tous (TVA
modulée et IR étendu avec 14 niveaux, TH supprimée, TF actualisée,
retraite à points). Beaucoup d'économies et de rentrées à attendre. Au
delà de cela, il faut regarder mieux l'ensemble du corps social : les
très petits salaires doivent être relevés et pour cela il faudrait
revoir les grilles indiciaires de la fonction publique et des services
publics privés ou dotés de régimes de primes exceptionnelles :
Ministère des Finances, Air France, SNCF, EDF, médecins privés
utilisant le cadre de l'hôpital public,...) qui servent de référence à
l'ensemble des grilles de salaires. En particulier, alors que les
précités sont bien servis, il apparaît clairement que la société a
délaissé ses petites mains médicales, ses enseignants de base à contre
courant du progrès nécessaire de la société. Globalement cette
stratégie sociale pourrait se faire à budget constant.

On doit aussi regarder certains cas qui créent de l'émotion : les
femmes seules avec enfant, les migrants récents, les SDF, des
retraités âgés et malades font la une des journaux car ils ont
objectivement des difficultés à vivre. Ce sont des cas particuliers
qui ne rentrent pas dans des grilles mais doivent être traités
localement par des antennes sur mesure locales. Ces services
(d’inter-cos déconcentrées ou de communes) doivent avoir des réponses
en termes de micro budget temporaire, de santé et de psychiatrie,
d'écoute, d'hébergement temporaire,...). Certains (à l'extrême gauche)
utilisent ces drames humains pour faire pression sur le logement
social ou l'hôpital, l'enseignement en sachant très bien que ça n'a
rien à voir mais que ça crée les moyens de satisfaire par ailleurs une
clientèle utile pour eux ! Globalement notre société, à l'intérieur de
notre société européenne ou mondiale est globalement riche et peut
gérer cette offre sociale nécessaire sans en faire une dramaturgie
excessive.


4 - Organisation des services publics


L'idée ici est simple. Je vois beaucoup de socialiste disant : " c'est
public donc c'est social". Il faut être clair, tout est privé, et il
faut s'interroger sur ce qui doit "nécessairement" être public. Le
champs alors se réduit beaucoup. L'économie et les services
administrés ne sont pas nécessairement plus économes (souvent
l'inverse). Pour moi, il faut que ce soit la "décision" qui soit
publique, pas forcément l'agent d'exécution. On s'est fait embarquer
par les revendications des pilotes de lignes, des agents EDF, SNCF,...
sans inventaire alors que ce sont certains socialistes des années 2000
qui ont justement lancé les débats car ces catégories formaient les
troupes électorales de la gauche (et surtout de l'extrême gauche). Y
compris dans l'enseignement, il faut égaliser les chances de élèves,
mais l'évolution des programmes vers plus de professionnalisation
moderne (intelligence artificielle, langue, capacité de
négociation,...) doit-elle être soumise uniquement au profil des profs
de latin recrutés en 1970 ? Attention à ce que le logement social sur
certains sites ne participe pas à l'envolée des prix fonciers...
(aujourd'hui dans 80 % des départements le logement dit social neuf
est plus cher que le marché, il y a des exemples fameux, mais
attention aux inerties paresseuses de certains élus qui veulent
"attribuer" solennellement). Sur la majorité des départements le
logement HLM ne trouve plus preneur tant le niveau du marché du
logement baisse. Aujourd’hui, il faut des maires et patrons d'offices
stratèges et non fonctionnaires de la construction de sous logements
et de ghettos ! Là encore des économies à attendre.




4 - Les nouveaux partis politiques de gauche :


La présidentielle de 2017 a montré clairement que le logiciel
traditionnel du PS conduisait à un échec à 5 %. Je ne pense pas qu'il
ait changé, au contraire. Le mécanisme est simple, il consiste à se
déclarer fortement à gauche, version révolutionnaire, pour attirer
l'électeur et après le décevoir en n'honorant pas ses promesses. Le
problème aujourd'hui est que d'autres prétendent de "laver encore plus
blanc" (soit FI et à sa traîne le PCF). Jusqu'à présent cette
surenchère était le fait de l'extrême droite populiste, ce qui n'était
pas gênant parce que c'était tellement folklorique par ailleurs
(néonazie) que personne n'y croyait. Et entre temps, une partie de
l'ancienne gauche populiste trotskiste et des frondeurs, qui aspirent
aussi à prendre le nom et l'appareil du PS se sont mis dans la
compétition et "petits joueurs" n'arrivent pas dans ce scénario à la
cheville du grand débatteur du "n'importe quoi". Même Faure,
d'habitude modéré est obligé de suivre en décalquant le discours "y
qu'à" et "si c'était moi ça changerait tout". Mélanchon et ses petits
clones brillants et dévoués, bien formés dans ce sens au Parti
Communiste Français semblent loin d'être une force de substitution.
Leurs combats simultanés restent minoritaires (6 à 20 %) car ce n'est
qu'une compétition entre eux non pas pour gagner et faire mais
uniquement "pour se montrer dans le poste". Avec cette coalition on a
indirectement créé un monstre qui revendique, contre toute réalité,
d'être "la gauche". La vraie gauche socialiste progressiste est
majoritaire mais n'est plus représentée. Elle reste à définir et à
organiser en urgence. Heureusement qu'à côté il y a peu de concurrents
au centre et à droite avec Macron qui louvoie autour d'un centre
incertain et une droite qui a du mal à se ressaisir (laissons de côté
le FN et la gauche de l'extrême gauche d'un romantisme des années 30).
Mais devant des urgences sociales, économiques et environnementales,
elle pourrait trouver une nouvelle génération qui dépasserait les
petits abbés qui briguent l'autel et feront monter des acteurs plus
sérieux encore tendres.

Inversement, si la gauche n'arrête pas de mâchouiller le mot "gauche"
(avec ces tristes sires qui défendaient hier encore Maduro, Poutine,
Orban, Ceauçescu, Chine, Vietnam, Corée du Nord, ... et ces agitateurs
frondeurs, insoumis et fossiles communistes qui n'existent que parce
que les socialistes les laissent faire et revendiquent d'agir en notre
nom et détournant le terme de "gauche") et redéfinisse un mouvement
socialiste progressiste solidaire et écologiste, elle ne s'en sortira
pas et passera à côté d'un large boulevard qui s'étend devant elle en
affirmant les directions que j'affiche plus haut sans complexe et que
j'espère voir rapidement émerger et prendre le pouvoir. Il est dommage
de ne pas célébrer au PS le centenaire du Congrès de Tours où nos
anciens ont eu la sagesse de s'éloigner des radicaux va-t-en guerre et
jusqu’au-boutistes qui ont soutenu tous les totalitarismes du XX
siècle et leurs goulags et camps de concentration.


Parfois, il faut renoncer à tout par revenir plus fort à l'essentiel.
Au delà de cette fausse gauche qui n'existe que parce qu'on lui courre
après !

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